Après une phase de rapprochement dès les années 1990, l’écart recommence à se creuser depuis les années 2010 – un phénomène renforcé par des objets tels que les initiatives sur les produits phytosanitaires ou sur l’élevage de masse.
Pour 35 % de la population, le clivage ville-campagne représente aujourd’hui une véritable épreuve pour la cohésion nationale (2023: 21 %). Parallèlement, peu de personnes se considèrent personnellement comme parties prenantes de ce conflit. Fait notable: de plus en plus de personnes s’identifient au « côté rural » – 33 % en 2025, contre 25 % en 2021 – alors même que beaucoup jugent leur commune plus urbaine qu’autrefois.
Les auteurs de l’étude soulignent que la simple opposition « ville / campagne » ne reflète plus la réalité suisse. Le Monitor distingue désormais quatre types d’espaces : « grandes villes », « agglomérations », « petites villes » et « zones rurales ».
Un attrait persistant pour la vie rurale malgré l’urbanisation
Bien que la Suisse poursuive sa transformation urbaine, l’attrait pour la vie hors des centres demeure fort. Trois quarts des habitants des zones rurales aimeraient idéalement y rester – et plus de la moitié des citadins pourraient s’imaginer vivre en dehors des métropoles. Parallèlement, la demande soutenue en logements urbains continue d’exercer une pression sur le marché.
Une forte satisfaction locale – surtout dans les communes en croissance
86 % des personnes interrogées se déclarent satisfaites de la qualité de vie dans leur commune, et près de la moitié observent une amélioration au cours des dix dernières années. Les communes fortement croissantes sont évaluées particulièrement positivement, malgré des défis comme davantage de trafic ou des loyers plus élevés.
Les communes en stagnation ou en déclin se montrent en revanche plus critiques, notamment en raison de l’érosion de l’offre de proximité ou de la diminution de certains services.
La croissance : localement nuancée, nationalement critiquée
Presque tous les sondés remarquent une croissance démographique dans leur commune – souvent surestimée par rapport aux chiffres réels. Localement, les effets positifs (39 %) et négatifs (48 %) sont perçus de manière nuancée. À l’échelle nationale, en revanche, la croissance est nettement plus mal perçue : seuls 23 % l’évaluent positivement.
La pénurie de logements est le problème le plus fréquemment cité, surtout en ville. Mais certains aspects sont jugés positifs, comme l’amélioration de l’offre de transports publics ou une plus grande diversité culturelle.
Une Suisse à 10 millions d’habitants inquiète
Selon les sondés, la population « idéale » de la Suisse se situerait autour de 8,3 millions de personnes – bien en dessous des plus de 9 millions actuels. Beaucoup estiment toutefois que le pays dépassera les 10 millions d’habitants d’ici 2050, une perspective qui suscite de l’inquiétude. Sur cette question, villes et campagnes se montrent étonnamment d’accord.
Source : lid.ch, Jonas Ingold