À l’Agritechnica, les constructeurs dévoilent des solutions axées sur une meilleure qualité du fourrage, des performances accrues et une automatisation intelligente – des avancées qui redéfinissent toute la chaîne de récolte. Issu du rapport de tendances de la DLG, cet article présente les développements les plus marquants dans la récolte des fourrages.
Les qualités d’aliments homogènes influencent directement la production laitière et bouchère des animaux ainsi que la structure des coûts de la branche. De la fauche à la récolte, toutes les évolutions visent une gestion adaptée de l’herbe récoltée, une capacité de travail élevée et un allègement croissant de la charge du conducteur. Les largeurs de travail plus importantes sur les faucheuses portées en sont un exemple, tout comme la détermination de la matière sèche (MS) déjà lors de la fauche ou le réglage électrique de l’inclinaison des toupies de l’andaineur depuis le siège du tracteur. Le nouveau « court hachage » s’est imposé dans les remorques autochargeuses – un avantage pour une alimentation adaptée aux performances des ruminants.
L’augmentation de la taille des exploitations et des troupeaux exige toujours plus de capacité de récolte. Les ensileuses de nouvelle génération atteignent des niveaux de performance inédits : de l’équipement frontal à la précompression, du tambour au broyeur de grains (cracker), de l’accélérateur à la goulotte de chargement. Des attentes comparables s’expriment aussi pour les presses haute densité, pour lesquelles la chaîne cinématique, le système de contrôle de densité et le noueur ont été entièrement repensés – ce qui profite au commerce, au transport et surtout à l’environnement.
La puissance de la chaîne de récolte commence par la fauche. Avec ou sans conditionneur, les largeurs de travail des combinaisons avant/arrière dépassent désormais les 14 mètres. Une attention particulière est portée aux faucheuses sans conditionneur : elles disposent de quatre barres de coupe alignées, soit deux par côté, reliées par un boîtier de transmission breveté assurant quatre fonctions essentielles :
transmission synchronisée à chaque paire de barres,
rôle structurel dans le châssis,
fonction de liaison permettant un suivi transversal du sol comparable à une machine de 3 mètres,
compacité de repli pour un transport inférieur à 3 m de large et 4 m de haut.
Pour ce qui est des faucheuses automotrices, un nouveau constructeur propose une machine de 10,50 m de large, dotée d’unités de coupe tirées avec suspension intégrée et d’un poids réduit (8,5 t).
Connaître les conditions de croissance au moment de la fauche est un avantage important. La MS seule ne permet pas une prévision de fanage fiable. La masse de fourrage par m², l’intensité solaire, la vitesse du vent et l’humidité relative jouent également un rôle déterminant.
Chaque exploitant qui produit du foin ou de l’ensilage utilise un faneur à toupies. Lors du fanage, une inclinaison plus faible des toupies assure une prise plus homogène du fourrage et un séchage plus uniforme.
Bien que chaque constructeur propose un réglage de l’angle, la grande majorité des opérateurs n’y touche pas, estimant l’effort trop important. Le réglage radio-commandé depuis la cabine change cela : il permet d’ajuster tous les angles de 13° à 19° simultanément. Cette solution est particulièrement utile sur des parcelles hétérogènes et prépare l’automatisation future.
Pour les cultures sensibles, les pickups à bandes, déjà connus en récolte de semences, sont désormais disponibles dans les andaineurs à bandes. Leur polyvalence doit encore faire ses preuves dans nos conditions d’utilisation.
La demande de coupes courtes augmente : la longueur théorique ne se situe plus à 34 mm, mais à 22–25 mm. Cela améliore la qualité de coupe et réduit les longueurs excessives – un critère décisif pour choisir entre ensileuse et remorque.
Les remorques conservent leur pertinence dans des zones morcelées où les nombreux déplacements rendent l’ensileuse moins rentable.
L’enrubannage en balles rondes reste une méthode de conservation éprouvée. Les combinaisons presse-enrubanneuse sont très rapides : en moins de trois minutes, l’herbe va du sol à une balle enrubannée.
Le « court hachage » arrive aussi sur les presses rondes : 41 couteaux pour une coupe théorique de 27 mm, utile pour les petites exploitations où le silo n’est pas adapté.
Les nouvelles presses éliminent les chaînes au profit de transmissions par boîtes de vitesses et de dispositifs anti-surcharge de 5 000 Nm, réduisant l’usure et augmentant les débits.
Le dicton « l’andaineur fait la balle, la presse ne fait que la former » reste vrai, mais lorsque les andains sont insuffisants, des stratégies de conduite permettent un remplissage homogène. Certains systèmes pilotent même la presse via une déviation hydraulique de la flèche pour optimiser automatiquement le flux.
L’utilisation combinée de film de liage et de film d’enrubannage est standard. Une innovation permet de positionner les enrubanneurs sous le centre de la balle afin de réduire le chevauchement du film et économiser 25 %. Une question reste toutefois ouverte : l’adhérence du film aux coins.
Pour les presses haute densité (120 x 90 cm), les balles de 2,45 m et 500 kg sont devenues la norme.
Une nouvelle génération de presses haute performance atteint jusqu’à 70 t/h et plus de 200 kg/m³ de densité. L’architecture intègre un boîtier principal dans le châssis, deux volants d’inertie de 1 650 tr/min, et une gestion électronique des surcharges. Le système remplace les boulons de sécurité et réduit fortement l’entretien.
Les aides électroniques analysent les couples du rotor et du chargement. En cas de risque de surcharge, la machine coupe automatiquement avant la panne.
Les systèmes TIM (Tractor Implement Management) ajustent la vitesse du tracteur en fonction de la performance recherchée : débit maximal ou densité maximale.
Un algorithme régule aussi automatiquement poids et longueur des balles, atteignant une précision de ±2 %, sans peson intégré.
Enfin, un nouveau noueur McCormick à double nœud combine la résistance du nœud en boucle et une tension réduite, permettant d’utiliser des ficelles plus longues par kg, ce qui améliore l’efficacité économique et écologique.
Le marché mondial exige plus de débit, de fiabilité, de confort et de flexibilité multicultures. Les anciennes conceptions atteignent leurs limites.
La nouvelle génération propose un canal de flux de récolte de 910 mm – le plus large du marché. Toutes les unités (tête de récolte, précompression, tambour, cracker de 310 mm/750 mm, accélérateur, goulotte) sont redimensionnées pour des débits jusqu’à 500 t/h.
La nouvelle « Flex Drum » permet différentes configurations (20 à 36 couteaux) par simple échange de segments.
Des capteurs de réluctance surveillent l’état complet des couteaux en continu, ce qui permet un affûtage précis et prédictif.
Pour le maïs, le CSPS (>70 % = excellent) peut être évalué en temps réel grâce à l’analyse d’images. Cela permet d’ajuster automatiquement l’écartement du cracker selon les conditions du champ.
La récolte connectée devient structurellement gérable : une nouvelle application coordonne toute la chaîne de récolte selon une logique similaire à un groupe WhatsApp, intégrant coûts, collaborateurs et tâches – une approche innovante qui requiert toutefois un engagement humain.
La technologie de récolte s’oriente de plus en plus vers une précision adaptée au besoin, pour permettre aux animaux d’absorber davantage de nutriments et d’être alimentés de manière optimale – tout en facilitant le travail des opérateurs et des éleveurs. Le tout dans le respect de l’écologie et de la durabilité. C’est ainsi que le progrès technique prend tout son sens… et procure du plaisir.
— Texte : Heinz-Günter Gerighausen, Kürten
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